Le Centre de Services Partagés Lab’Eaux met en commun les capacités d’analyse, de contrôle et d’expertise des laboratoires du secteur de l’eau. Son ambition est double : répondre efficacement aux besoins actuels et futurs des opérateurs de l’eau, y compris en situation imprévue, et construire une vision à long terme des compétences techniques à maintenir et à développer.
Les exigences accrues de surveillance de la qualité de l’eau rendent cette approche indispensable. De nouvelles substances doivent être suivies, telles que les PFAS dans l’eau potable, ou devront l’être prochainement, tels que les micropolluants organiques en sortie de station d’épuration. Leur analyse demande souvent des équipements spécialisés, des compétences pointues et des délais de développement importants.
Une mutualisation au service de tous les opérateurs
La mise en commun des besoins de plusieurs opérateurs permet de disposer d’une capacité d’action plus forte, notamment lors de marchés de sous-traitance à l’échelle européenne. Cette initiative limite la multiplication des procédures individuelles, réduit les coûts logistiques et de coordination, pour arriver à proposer des prestations standardisées à un tarif maîtrisé et identique pour tous. Elle ouvre ainsi aux plus petites structures des conditions qui étaient surtout accessibles aux opérateurs les plus importants.
Pour les paramètres de routine en eau potable, comme la microbiologie ou la chimie minérale, chaque laboratoire partenaire s’engage à maintenir une capacité d’analyse suffisante pour couvrir ensemble les besoins du secteur, y compris en cas de situation d’urgence. Cette logique de sécurisation est un des piliers de la planification industrielle des laboratoires partenaires : il s’agit non seulement de fournir une prestation de qualité au meilleur prix, mais aussi de garantir la capacité du secteur à respecter, en toutes circonstances, ses obligations.
Un des autres atouts de la mise en commun des ressources et de l’expérience de chaque laboratoire, c’est de construire une vision stratégique partagée des activités à maintenir, à renforcer ou à développer. Les investissements, humains ou matériels, sont désormais envisagés avec une attention particulière sur leur impact sectoriel. Par exemple, les renouvellements d’équipements de pointe font l’objet d’une concertation, afin de s’assurer de la pertinence de la dépense et d’éviter les doublons. Les capacités analytiques ne sont plus pensées à l’échelle d’un opérateur, mais à celle de l’ensemble du secteur wallon de l’eau.
Des résultats déjà visibles
Les premiers résultats sont déjà visibles. Plusieurs nouvelles molécules ont été intégrées aux contrôles obligatoires en 2026. Grâce à la mutualisation des volumes, les marchés sectoriels ont permis de réduire significativement le coût de certaines analyses. Ensemble, les opérateurs wallons disposent désormais d’une visibilité renforcée sur le marché européen et peuvent négocier des conditions commerciales difficilement accessibles individuellement.
Une extension à l’assainissement
Lancé en 2024 avec trois laboratoires partenaires du secteur de l’eau potable — la CILE, l’INASEP et la SWDE — , le CSP Lab’Eaux s’est élargi en 2026 à trois laboratoires actifs dans l’assainissement : IPALLE, IDEA et IGRETEC. Cette extension renforce la capacité du secteur à anticiper les défis à venir, notamment la transposition de la nouvelle directive relative aux eaux résiduaires urbaines ou la mise en place de dispositifs de surveillance des polluants émergents à l’échelle de la Wallonie.
Aujourd’hui, la majorité des besoins sectoriels « eau potable » transitent déjà par le CSP Lab’Eaux. Le recours à ce service reste volontaire. Chaque opérateur peut décider d’y faire appel en fonction de ses besoins. Chaque adhésion renforce aussi la résilience collective, en contribuant au maintien d’une expertise de pointe au sein du secteur wallon de l’eau.
Un outil appelé à prendre de l’ampleur
Au-delà des analyses, Lab’Eaux s’implique de plus en plus dans des projets sectoriels qui bénéficient directement de l’expertise réunie au sein des laboratoires partenaires. À titre d’exemple, les trois laboratoires du secteur de l’eau potable cumulent plus de 67 ans d’expérience en matière d’accréditation ISO/IEC 17025, mobilisent plus d’une centaine de techniciens qualifiés et gèrent plus de 62 500 échantillons par an.
En 2026, la SPGE figure parmi les principaux utilisateurs du CSP. Elle confie progressivement davantage de missions d’analyse, d’accompagnement et d’expertise à Lab’Eaux. Les analyses liées aux Contrats captage sont ainsi prises en charge directement par le CSP. Cette évolution permet d’uniformiser les données, de simplifier les flux de collecte et de transmission de l’information, mais aussi de centraliser le suivi budgétaire et la facturation des prestations.
Avec Lab’Eaux, le secteur wallon de l’eau dispose d’un outil commun, efficient et évolutif. En mutualisant les besoins, les compétences et les moyens, il renforce sa capacité à répondre aux exigences réglementaires, à couvrir leurs besoins analytiques, à maîtriser les coûts et à préparer collectivement les défis de demain.
Besoin de plus d’infos ? Vous pouvez prendre contact avec…
Jean-Benoit Charlier, Coordinateur du CSP Lab’Eaux – jean-benoit.charlier@swde.be
Marc Gerlache, Coordinateur adjoint du CSP Lab’Eaux – marc.gerlache@cile.be

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