Les jobistes de l’été et stagiaires s’immergent dans les métiers de l’eau
Chaque été, les opérateurs du secteur public de l’eau en Wallonie ouvrent leurs portes à des étudiants-jobistes. Pour eux, c’est l’occasion de découvrir concrètement le monde du travail, de gagner en autonomie… et parfois de pousser la porte d’un secteur auquel ils n’auraient pas forcément pensé.

Pour nos services, ces renforts ponctuels sont aussi une belle manière de faire connaître nos métiers, de transmettre notre savoir-faire et, pourquoi pas, de susciter des vocations. Nous accueillons également des stagiaires au cours de l’année dans la même perspective.

Nous sommes allés à la rencontre de trois jeunes pour recueillir leurs impressions à chaud sur cette expérience. 

À la CILE, Rachel Simens a été jobiste au laboratoire 

Rachel a 17 ans et rentre en rhéto au Collège Saint-François Xavier de Verviers. Elle a pris l’option mathématiques et sciences fortes parce qu’elle aimerait s’orienter dans des études scientifiques par la suite. Pour l’instant, elle vise la chimie ou la biologie, avec une ouverture vers le paramédical. Elle hésite également avec la médecine vétérinaire. Dans tous les cas, les sciences l’attirent.  

Rachel, pourquoi avoir postulé à la CILE ?  

Mon papa travaille au laboratoire de la CILE. Pour une première expérience d’un mois, je trouvais chouette de pouvoir commencer dans un environnement que je connaissais déjà un peu, entourée de professionnels accessibles.  

Qu’est-ce qui t’a le plus marquée lors de ton job d’étudiante, quelle anecdote peux-tu nous raconter ?  

Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’ambiance. Il y a vraiment un bon esprit d’équipe au laboratoire et les collègues sont très bienveillants. Un soir, mon train a été annulé et un collègue m’a proposé de me reconduire chez moi, en faisant un détour. J’étais un peu gênée, mais ça m’a beaucoup touchée. Je me suis dit que travailler dans une équipe où l’on peut compter les uns sur les autres, c’est précieux. Et franchement, ça donne envie. 

Que pensais-tu de la qualité de l’eau du robinet avant de commencer et comment ta vision a-t-elle éventuellement évolué avec cette expérience ?  

À la maison, je n’ai pas le souvenir d’avoir connu un problème de potabilité de l’eau du robinet. J’avais donc déjà confiance. Mais ici, j’ai découvert tout le travail d’analyse réalisé au quotidien, et surtout sa diversité. On ne contrôle pas seulement l’eau de distribution : il y a aussi les analyses de piscines, les recherches pour comprendre l’origine d’une pollution chez un usager, les vérifications liées aux installations privatives ou aux fuites sur le réseau public. J’ai compris qu’une eau transparente n’est pas forcément une eau dont on connaît tout. Les paramètres analysés permettent d’objectiver les choses, de rassurer, d’écarter certaines hypothèses ou d’identifier rapidement une piste. C’est très concret. 

Quelles tâches t’ont été confiées ? 

J’ai découvert différentes tâches liées à la routine du laboratoire, notamment la culture de bactéries dans des boîtes de Petri et le comptage des colonies dans ce qu’on appelle ici « les gaufres », qui permettent de détecter une pollution en moins de 24 heures. J’ai aussi vu comment certaines souches témoins sont conservées au congélateur pour les analyses. Ce que j’ai apprécié, c’est que le travail est très varié : on bouge, on manipule, on observe, on ne reste pas toute la journée assis devant un ordinateur. J’ai également participé à des tâches plus administratives, comme le contrôle des stocks, et à des tâches indispensables au bon fonctionnement du laboratoire, comme la vaisselle et le nettoyage. Cette diversité m’a plu. Bon, certaines analyses liées aux légionelles ne sentent vraiment pas très bon… heureusement, ce n’est pas moi qui les ai faites ! (rires) 

Cette expérience pourrait-elle influencer tes choix professionnels futurs ?  

Oui, parce que cela m’a permis de voir l’envers du décor. Derrière un geste aussi banal qu’ouvrir un robinet, il y a des compétences, des contrôles et tout un travail d’équipe. Cette expérience m’a confortée dans mon intérêt pour les sciences et m’a donné envie de continuer à explorer les métiers de laboratoire. Je garde aussi en tête les études dans le domaine médical, mais je repars avec une image très positive du secteur de l’eau : un domaine utile au quotidien.

À l’INASEP, Marius Guillaume : de la station d’épuration à la communication

Marius, pourquoi as-tu postulé à l’INASEP ?

J’ai postulé grâce à mon frère, qui y travaille depuis plusieurs années. Je me suis dit que cela pouvait être une bonne expérience en tant qu’étudiant. J’ai eu l’opportunité de travailler à la station d’épuration de Rochefort pendant trois années consécutives. Lorsque j’ai appris qu’ils recherchaient à nouveau des étudiants pour la période estivale 2026, j’ai naturellement décidé de postuler une nouvelle fois.  J’ai travaillé à la station de Rochefort du 6 au 17 juillet, avant de rejoindre le Service Communication du 5 août au 1er septembre. Cette double expérience m’a permis d’élargir ma vision de l’entreprise en découvrant à la fois les réalités du terrain et les missions liées à la communication. 

J’avais déjà réalisé un stage de 3 semaines au sein du Service Communication, en avril dernier.

 Quelles tâches t’ont été confiées ?

Aux côtés de l’équipe de la station d’épuration de Rochefort, j’ai participé à plusieurs travaux d’entretien et de maintenance des sites. J’ai notamment effectué du débroussaillage le long des clôtures des stations, nettoyé les lits de séchage en retirant les mauvaises herbes et pris part à la remise en peinture de châssis et de certaines installations sur différents sites, notamment à Rienne, Gedinne et Han-sur-Lesse.

Au sein du Service Communication, mes missions étaient d’une tout autre nature. J’ai notamment contribué à la réalisation de plusieurs projets vidéo, depuis la préparation jusqu’au montage. J’ai également participé à la création de contenus destinés aux réseaux sociaux ainsi qu’à la rédaction d’une newsletter. Enfin, j’ai eu l’occasion de réaliser un tournage dans une station de captage, une expérience particulièrement enrichissante qui m’a permis de vulgariser le fonctionnement du captage de l’eau jusqu’à son arrivée au robinet. 

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué lors de ton job étudiant, quelle anecdote peux-tu nous raconter ?

 Ce qui m’a le plus marqué au cours de cette expérience, c’est sans doute la complexité et la diversité du secteur de l’eau. Avant d’y travailler, je n’imaginais pas à quel point les activités étaient nombreuses et variées. Il y a aussi l’implication et le professionnalisme des agents, qui accomplissent chaque jour leurs missions avec rigueur afin de garantir un service essentiel à la population.

Et enfin l’ambiance au sein de l’équipe aussi. Tout le monde est très accueillant et bienveillant, ce qui permet de se sentir rapidement à l’aise. Au fil du temps, une confiance s’installe, et on se voit confier davantage de responsabilités, ce qui est très valorisant en tant qu’étudiant.  

Que pensais-tu de la qualité de l’eau du robinet avant de commencer et comment ta vision a-t-elle éventuellement évolué avec cette expérience ?

Avant de commencer à travailler comme étudiant jobiste il y a trois ans, ou de faire mon stage, je ne mesurais ni la complexité des procédés liés au traitement de l’eau ni l’ampleur du travail réalisé en amont pour garantir sa qualité. Aujourd’hui, même si certains aspects techniques restent encore à approfondir, j’ai acquis une compréhension beaucoup plus complète des différentes étapes du processus ainsi que des exigences qu’elles impliquent. Cette expérience m’a permis de prendre conscience de l’importance de ce travail souvent discret, mais pourtant essentiel au quotidien, et qui mériterait sans doute d’être davantage reconnu et mis en lumière. 

Cette expérience pourrait-elle influencer tes choix professionnels futurs ?

Oui, cette expérience pourrait influencer mes choix professionnels. Grâce à mon stage et à mon job étudiant, j’ai pu en apprendre davantage sur le domaine et découvrir un environnement de travail diversifié qui m’intéresse. 

Du côté de l’in BW, Khawla Abarhrir a réalisé un stage à la station d’épuration de la Vallée de la Dyle 

Etudiante à l’Ecole d’ingénieurs de Limoges en France, en option Génie de l’eau et de l’environnement, Khawla Abarhrir s’est intéressée à l’optimisation du traitement de l’azote en station d’épuration.   

Ce stage supervisé avait pour objectif d’analyser les facteurs influençant les performances de la filière biologique, avec un focus particulier sur le traitement de l’azote et les leviers d’optimisation associés.  

Khawla, qu’est-ce que ton stage à in BW vous a apporté, tant sur le plan technique que personnel ? 

Sur le plan technique, ce stage m’a permis d’approfondir mes connaissances en traitement des eaux usées et de mieux comprendre le fonctionnement d’une station d’épuration. J’ai également appris à travailler en équipe, à m’adapter aux contraintes d’exploitation de la station et à proposer des solutions en tenant compte des réalités du terrain. Sur le plan personnel, cette expérience m’a permis de gagner en autonomie, en confiance et en capacité d’adaptation. 

Qu’est-ce qui t’a le plus marquée durant ce stage ? 

Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’importance accordée à la sécurité des agents. J’ai pu constater que celle-ci est une priorité au quotidien et que chaque intervention est réalisée dans le respect des règles de sécurité. Cet engagement m’a particulièrement impressionnée. 

Après cette expérience, qu’est-ce qui te donnerait envie de travailler dans le secteur de l’eau ? 

Cette expérience a renforcé mon envie de travailler dans le secteur de l’eau. C’est un domaine où il n’y a pas de routine : chaque journée apporte de nouveaux défis et de nouvelles problématiques à résoudre. J’apprécie également sa diversité, car il fait appel à de nombreuses disciplines comme la chimie, la biologie, l’automatisme, l’électromécanique et l’analyse des données. C’est aussi un domaine qui poursuit des objectifs concrets et porteurs de sens, notamment la protection de l’environnement et la préservation de la ressource en eau. J’apprécie également le fait que le métier alterne entre le travail de terrain et le travail de bureau, tout en favorisant les échanges avec de nombreux acteurs de la filière, qu’il s’agisse des exploitants, des responsables, des ingénieurs ou des entreprises sous-traitantes. Cette diversité rend le métier particulièrement enrichissant et motivant. 

Quelle conclusion ?

Pour beaucoup d’étudiants, l’été chez nous est une première rencontre avec le monde de l’eau. Derrière chaque visite de site, chaque mission réalisée et chaque échange avec nos équipes, il y a l’occasion de découvrir un secteur utile, innovant et porteur de sens. Qui sait ? Parmi ces étudiants se trouvent peut-être les futurs techniciens, ingénieurs ou experts qui participeront demain à garantir une eau de qualité pour tous. C’est pourquoi nous sommes fiers de leur offrir cette expérience et de leur faire découvrir nos métiers de l’intérieur. 

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