Difficile de bien évaluer les volumes d’une tranchée de guingois !
Ce constat, c’était sans compter sur les nouvelles technologies de géolocalisation et leur portabilité sur le terrain. Car aujourd’hui, un simple iPhone suffirait presque à mesurer, avec une précision centimétrique, le volume des terres enlevées. On y associe une antenne EMLID et un panel de 4 technologies croisées :
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- La photogramétrie qui dimensionne les objets à partir d’un ensemble de photos successives
- Le LiDAR qui utilise des impulsions dans le spectre visible ou infrarouge des ondes électromagnétiques
- Le GPS pour une géolocalisation globale
- Le RTK (Real Time Kinematic) pour un positionnement à précision centimétrique
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On active ensuite le programme PIX 4D qui traite et analyse les données relevées sur le terrain et calcule les volumes excavés avec précision.
L’abonnement de la CILE au réseau WALCORS de la Région wallonne permet d’utiliser son réseau de satellites de géolocalisation pour enregistrer l’information.
D’où vient l’idée ?
Tout est parti d’une idée développée au cours du Boot camp 2024 de « Nos idées ont de la valeur », dans le cadre des collaborations sectorielles. Des agents de la SWDE ont repéré une technologie qui pourrait être appliquée à nos métiers de terrain au départ du LiDAR.
Michaël SMEETS, chargé du projet à la CILE, s’y intéresse de près. En effet, les coûts d’excavation, d’évacuation et de remblayage pèsent dans les frais d’exploitation et vérifier leur exactitude est dès lors d’autant plus important. Sans compter la facilité de la technologie face aux mesurages par décamètre dans de mauvaises conditions de terrain (pluie, vent, mine de crayon qui refuse de marquer sur une feuille trempée…) qui s’avèrent, quant à eux, une réelle gageure.
La CILE décide d’investir dans une phase pilote et acquiert l’appareillage utile.
Des économies et des résultats immédiats
La facilité d’emploi et l’efficacité séduisent immédiatement les équipes qui veulent s’approprier l’outil.
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- Gain de temps
- Précision centimétrique du mesurage
- Economies : en 15 scans, près de 23.000 euros sont économisés !
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Intégration dans les cahiers des charges
Les cahiers des charges de la CILE préciseront désormais que cette technique de vérification est utilisée par les surveillants de chantiers pour plus de rapidité, moins d’erreurs et une facturation au plus juste. Pour le prestataire, exit les relevés contradictoires imprécis et la perte de temps qu’ils peuvent engendrer.
À terme, les données devraient être envoyées dans le programme SIG du service de Cartographie de la CILE. Elles seront alors directement exploitables sur le terrain pour le personnel.
Du pour et du contre
Un bémol : le système donne entièrement satisfaction sauf s’il subsiste de l’eau dans la fouille : l’eau constitue alors un volume à déduire. Elle peut aussi générer des phénomènes de réverbération, auquel cas il faut parfois attendre que le soleil se soit déplacé. Contre-bémol : Les essais de nuit au phare ont, par contre, été concluants.
Présentation à la Journée sectorielle de l’innovation 2025
Fort des bons résultats, Michaël SMEETS a été invité, parmi 6 autres membres du secteur wallon de l’eau, à partager ses résultats lors de la Journée sectorielle de l’innovation à Namur en novembre dernier. Son exposé a suscité un vif intérêt de la part des participants.
Enchanté d’avoir pu concrétiser le projet sur le terrain, il se documente aujourd’hui sur l’évolution technique : à terme, un prototype de chien-robot pourrait, même en terrain accidenté, agir en autonomie mais il restera nécessaire de déposer l’engin sur le site, puis de vérifier avec expertise les résultats obtenus. Demain, le surveillant pourrait donc être accompagné d’un chien d’une toute nouvelle espèce !
N’hésitez pas à contacter Michael Smeets (michael.smeets@cile.be) si vous désirez plus d’informations.

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